| Au fil de l'eau
|
|
Menu
zero Liens Catégories
| Publié le samedi 10 juillet 2004Chez Aristote, les catégories sont des concepts intellectuels, au contenu abstrait à partir de l’observation d’organismes vivants et des attributs qu’on leur prête. D’abord, la substance est une réalité exigée par l’entendement depuis que Zénon d’Élée, disciple de Parménide, a montré que la pensée conçoit le permanent, mais peine à rendre compte de la réalité du changement, au point de tendre à le nier. Aristote tient compte de cet acquis par sa notion d’acte ; mais selon cet empiriste, le changement attesté par des sensations est un autre aspect de l’être réel. Et il en tient compte par ses divisions de l’être à trois niveaux ; la puissance est couplée à l’acte dans le changement d’un être donné ; la matière compose avec la forme dans la génération d’êtres corruptibles, avec union substantielle ; et l’accident s’attache à la substance dans l’individu mixte affecté de changements partiels. Bien qu’en apparence inactuelles, ces notions ont des répondants analogues en informatique. Par exemple, virtuel et réel illustrent puissance et acte(1) ; matériel et logiciel, ou corps et pensée, répondent à matière et forme. Le biologiste distingue aussi génotype et phénotype d’un individu, qui se rapprochent à première vue du rapport de la substance à l’accident. Ainsi, à partir d’un génotype donné, différents phénotypes s’expriment lors du développement et suivant l’interaction de l’organisme avec son environnement. Ces phénotypes sont de fait dépendants du génome, par définition, tout comme les accidents le sont d’une substance. La combinaison de ces trois notions, tirées de l’informatique et de la biologie, s’applique à l’usager d’un ordinateur. C’est dire l’actualité quotidienne des concepts philosophiques sous-jacents. Aristote qualifie d’inhérente la dépendance d’un accident envers sa substance : il pose la nécessité de cette dépendance. Ce lien nécessaire est distinct du fait que tel accident est changeant ou contingent tandis que tel autre spécifie une substance donnée et se greffe sur le caractère plus immuable prêté à la substance, du moins tant qu’elle existe : c’est le cas de l’intelligence et de la volonté, manifestés à divers degrés chez un humain. Parler de substance immuable remonte au modèle des Idées chez Platon. De fait, l’ADN d’un individu, bien que très stable d’une division cellulaire à l’autre, peut changer par mutation des cellules germinales ou somatiques, et entraîner la formation de chimères, de mosaïques, individus composés de deux génomes ou plus ; soit dit sans compter les manipulations génétiques, avec ajout d’un chromosome artificiel(2), ou les AGM, athlètes génétiquement modifiés. Ainsi, réduire la substance à l’ADN complique sa donne idéale initiale, prélevée d’un fond rationaliste platonicien. Et au lien de dépendance s’ajoute le fait que tous les accidents ne sont pas du même niveau existentiel par rapport à la substance. Que l’accident soit accessoire ou indispensable à la détermination d’une substance n’affecte pas la nécessité du lien de dépendance. L’inhérence de l’accident le rend inconcevable sans la substance, quelle que soit la nature de son changement interne. Alors, tous ceux qui nient la substance en ne retenant que des accidents, modifient au fond la notion même d’accident, du moins telle qu’Aristote la conçoit avec son statut intellectuel, bien qu’abstrait à partir des sensations(3). Et ils sont parfois portés à substantiver les ‘accidents’ considérés dans leur seule apparence sensorielle ou subjective, comme c’est le cas chez Hume qui atomise chaque qualité sensorielle(4). C’est aussi le cas de Descartes qui substantive les ‘accidents’ étendue et pensée constitués en toile de fond des choses, et que Spinoza renomme modes ou accidents de l’unique substance divine dont nous ferions partie puisque tout y est rapporté. L’analogie bio-informatique aide à comprendre qu’il est vain d’imaginer un quelconque résidu sous-jacent aux accidents, comme s’ils étaient l’écorce d’un fruit réduit à rien une fois pelé(5), car ils manifestent la substance qui est leur élément générateur permanent. Ainsi, l’information génétique illustre le résidu formel de pareille opération imaginaire qui veut isoler la substance, tandis que disons le ‘métabolisme’ permanent de l’identité personnelle résulte d’une dynamique particulière de l’union substantielle entre matière et forme chez tel individu. Pareille dissection qui prête à confusion, me semble favoriser l’idée du lieu substantiel selon Brentano, contre la forme substantielle d’Aristote ; il me semble aussi qu’un tel lieu répond mieux à certaines objections modernes adressées contre la notion de substance, tout en respectant le rapport des accidents progressivement intégrés à ce lieu substantiel plutôt que simplement plaqués sur lui, tels des revêtements extérieurs cumulatifs et pouvant être greffés ou détachés comme des prothèses. Cette intégration différencie également les individus et permet de les regrouper dans une espèce vivante, comme elle permet de distinguer les espèces entre elles et de les réunir dans des genres. Dans le cas des substances inertes, le principe intégrateur substantiel a des propriétés distinctes de celles du vivant. Il s’agirait de remplacer le parallèle du génotype au phénotype par autre chose, pour rafraîchir la notion. Aristote ayant relativement négligé la matière inerte, je n’exclus pas que ses dix catégories s’y appliquent moins aisément, malgré leur généralité aussi accueillante que généreuse. Passer d’Aristote à Brentano entraînerait une refonte des catégories que je ne veux pas discuter maintenant. D’autres ont exploré avant lui leur potentiel, comparable au bloc de marbre à sculpter ou au métal à refondre. Je veux réexaminer ici le cas de David Hume, déjà traité sous l’angle des impressions externes atomisées(6), bien que sans égard particulier aux catégories d’Aristote. Sans perte d’élément, il leur substitue sept relations philosophiques, au prix de quelques fusions. Pour aider à comprendre son mode d’opération, je rappelle que Hume s’intéresse à la nature humaine prise dans sa dimension éthique, et à rien d’autre ; c’est ainsi qu’il n’a cure de l’anatomie corporelle. Au premier rang, la catégorie relation prend place, devenue pour lui centrale et même axiale, parce qu’une éthique sans relations est inconcevable. En outre, sa théorie des passions s’inspire du modèle newtonien de physique quantitative et dynamique, également relationnel et qu’il veut supplanter par une éthique encore plus utile à l’espèce humaine. Son projet tente d’insérer cette physique dans sa philosophie plutôt que l’inverse, en prélevant le meilleur suc, sans rien piétiner. S’ajoute un souci de tirer le plus grand parti d’Aristote, sans négliger l’apport des penseurs modernes, tels Descartes, Locke, Berkeley, Hobbes, F.Bacon et G.d’Ockham qu’il s’agit de dépasser sur certains points. Si l’ambition ne manque pas, comment peut-il concilier autant d’éléments disparates en apparence ? Deux ou trois positions fixent ses options de base : empirisme, subjectivisme et scepticisme. Appuyé sur une tradition britannique pragmatique, son empirisme radical est poussé jusqu’à une limite qui lui permet de se distancier d’Aristote dont il élague la métaphysique basée sur une physique des qualités objectives passée mode, et de Descartes dont il extirpe avec Locke le principe platonicien des idées innées. L’option subjectiviste lui vient en partie du fait que les modernes sont plus braqués sur la théorie de la connaissance que sur celle de l’être(7). Couplé à l’empirisme, ce courant moderne le conduit à sa théorie des impressions externes, dont les idées sont un pâle reflet, tel que Hobbes l’affirmait déjà. Même s’il évite l’anatomie du corps – sauf par sa métaphore d’un chirurgien opposé au peintre, du savant praticien qui fait pâlir l’artiste – il est évident que l’incarnation de l’esprit figure au premier plan de son approche impressionniste et individualiste, ce dont témoignent les expériences mentales personnalisées qu’il invoque pour illustrer des propositions du Traité faisant appel aux sensations, passions et actions morales. Ce subjectivisme tient aussi au caractère pratique d’une morale empiriste qu’il refuse d’asseoir sur quelque métaphysique rationaliste étrangère, ainsi qu’au scepticisme lié à ses humeurs instables, et qui tempère le ton fier ou quasi dogmatique de l’empirisme subjectivé. D’ailleurs, ce contraste dans le ton est évident quand on compare le début et la fin du tome I de son Traité(8). J’ai bien dit sept relations : A) ressemblance ; B) identité ; C) espace et temps ; D) nombre ou quantité ; E) degré ; F) contrariété ; G) cause et effet. La ressemblance est une relation générale et commune aux six autres espèces de relation, selon Hume. Elle existe même dans la contrariété, qui oppose l’existence à la non existence d’idées relatives à l’objet présent ou absent de l’esprit. Cette contrariété interne comprend l’idée de manque, de privation, qui regarde les passions, l’appétit, le désir ; autant de notions dont Aristote fait grand usage dans sa métaphysique(9). On peut aussi demander si la ressemblance selon Hume correspond de près à l’accident relation qu’Aristote affecte de quatre propriétés : contrariété, degré, corrélation et simultanéité. Il appert qu’à partir des propriétés degré et contrariété de l’accident relation, Hume crée deux relations philosophiques séparées. Car Aristote dit que ces propriétés n’affectent pas tous les termes relatifs et il ajoute que le degré affecte la qualité et la relation, tandis que substance et quantité n’ont aucun degré ; par contre, ressemblance et contrariété ont des degrés, parce qu’elles concernent aussi qualité et relation. Dès lors, les relations (D) et (E) couvrent les accidents quantité et qualité, considérés sous l’angle relationnel, tandis que la contrariété vise l’accident possession pris sous l’aspect relationnel d’avoir ou non tel bien, ce qui soulève la passion d’envie ou d’avidité. Or si je traduis correctement, avoir ou non tel bien correspond aussi au lien de la substance avec l’accident possession chez Aristote. Et à l’appropriation d’un bien, David Hume rattache un type de causalité(10) particulier – sa relation (G) – qui consiste en l’action d’une substance se réservant un droit exclusif sur l’usage de ce bien(11), action prise à titre d’accident particulier. Il est évident que ces relations philosophiques renvoient au principe d’association des images par ressemblance, contiguïté et contraste, selon Aristote. La contiguïté étant spatiale ou temporelle, elle se rapporte à la relation d’espace et de temps, relation (C). Il substitue donc au contraste la relation de contrariété, laquelle se manifeste par exemple dans la possession ou non d’une propriété privée et d’un territoire pour se nourrir, se reproduire et prospérer(12), en vertu d’actions humaines relevant de la causalité et mettant en œuvre des passions. Ainsi, la possession (F) résulte d’actions passionnelles ( G) d’appropriation de biens, plus ou moins légalement cautionnées. De fait, ce sont vraiment les passions qui donnent à cette causalité son efficacité, par la volonté et la force de transformer les biens possédés privément de façon à ce qu’ils aient aussi d’éventuelles retombées publiques(13). Et ce lien causal passionnel implique par lui-même et par le contenu du bien acquis, la relation d’espace et de temps, de même qu’il enchaîne au moi les relations de quantité et de degré. Par conséquent, la relation de contrariété (F) entraîne les autres relations (B), (C), (D), (E) et (G). Cette remarquable force d’attraction synthétique tient à la théorie d’association des idées qui la chapeaute et emporte la relation (A). Pareille chaîne de faits me semble suffisante pour avoir motivé Hume à convertir le clavier catégoriel d’Aristote en un clavier relationnel. Je redessine ma perception d’une équivalence des sept relations philosophiques aux dix catégories d’Aristote. D’abord la relation (C), espace et temps, recouvre les accidents lieu, temps et position, parce que position et lieu se définissent en fonction de l’espace et du temps. Exemple : la position philosophique conquérante de David Hume s’exprime dans son Traité. Puis la relation (G), cause et effet, emporte aisément les accidents action et passion qui ont toutefois plus d’extension, pris séparément. Quant à l’identité humaine que Hume caractérise par une relation de soi à soi(14), elle équivaut à une substance consciente du rapport de ses actions et passions, par l’entendement clarifié. Finalement, si la relation de ressemblance convient à l’accident relation pris dans sa généralité, si la relation de degré concerne l’accident qualité et si la relation de contrariété réfère à l’accident possession, il suffit alors de superposer la relation de quantité à l’accident quantité pour que les dix catégories d’Aristote soient exactement incluses dans les sept relations philosophiques. Je rappelle aussi que l’avantage d’une approche relationnelle qui colle d’aussi près aux catégories d’Aristote est double ou triple. D’abord, elle permet d’harmoniser ses concepts de la nature humaine avec la physique de Newton, conformément à l’observation d’Aristote qui veut que physique et biologie traitent d’une matière commune dont diffèrent seules les formes d’organisation. En second lieu, elle subordonne cette physique à sa source humaine ; la physique est en effet une science produite par l’interaction d’humains à propos du monde matériel qu’ils s’approprient intellectuellement et pratiquement. En dernier lieu, elle restructure des catégories dont Aristote avait laissé en friche les accidents énumérés séparément(15). Entre autres, la substance perd son statut théorique absolu quand elle est conçue sous la forme d’une relation d’identité qui dépend de manière existentielle des autres relations, dont d’abord celle des impressions. Mais l’identité conserve une fonction pratique analogue à la substance, bien que constamment remise en question par sa place relative dans le champ des relations associatives, telles que ressemblance, espace et temps puis contrariété épaulée par cause et effet. Sans parler des degrés qualitatifs attribués aux impressions atomisées qui détiennent le critérium de l’existence, ni du règne de la quantité dans les sciences pures et appliquées au développement de techniques qui envahissent l’environnement humain au point de menacer ou de disqualifier l’identité biologique naturelle. Spécialement par son rôle éminent dans la sphère humaine, la relation de contrariété accentue l’importance cruciale des interactions d’un organisme avec son milieu de vie(16). Selon R.Ardrey qui étudie les relations des vivants entre eux, les contrariétés caractérisent notre animalité à ce point que la guerre, perçue comme l’invention culturelle la plus réussie(17), satisfait magistralement aux besoins fondamentaux d’identité, de stimulation et de sécurité. J’ai déjà évoqué(18) les pôles, affectif sécurisant et cognitif aventurier, qui jouent un rôle lors du développement de l’enfant mis en contact avec les contes ; polarité inversable au plan conceptuel, par la combine d’un affectif aventurier avec un cognitif prudent, suivant le modèle culturel offert aux penchants de l’enfant(19). J’infère qu’un même conte produit un impact différent sur l’enfant suivant le contexte culturel où il baigne. Cependant, des contextes différents, par exemple l’adulte à la guerre et l’enfant exposé aux contes, n’éludent pas ces trois besoins communs qui ont l’heur de rapprocher étroitement la relation d’identité avec celle de contrariété. Ce rapprochement conjugue les idées de liberté et de sécurité, souvent contraires dans les faits à cause des dangers, qui sont implicites à chaque aventure entreprise et mésestimés par l’aventurier d’abord épris de nouveautés dernier cri pour lui. Au fond, dans la substitution des relations aux catégories, il y a conscience accrue du fait que la notion d’objet, qu’Aristote retient comme critère valable dans la communication du savoir au public, dérive d’activités du sujet concret. Par sa mise en forme du syllogisme au nom d’une vérité logique impersonnelle, Aristote dénonce et critique la source trop subjective d’opinions philosophiques tordues de sophistes exposés et débattus par Socrate et Platon. Hume réintègre le sujet individuel dans une culture empiriste qui tranche avec un rationalisme continental dont Descartes est le porte parole moderne principal après avoir monté en épingle un sujet cognitif qui se targue de mettre en doute ses sensations, par la seule force de sa pensée. Hume fait l’inverse : il met en doute la valeur des pensées dressées contre les sensations auxquelles il rattache des passions qui supplantent les idées, dans la pratique. Et c’est aussi par ce détour que la contrariété, qui traduit la catégorie possession de biens disputés entre humains, l’emporte sur les autres relations philosophiques dans le contexte d’une morale empiriste dont l’application quotidienne est encore facilement observable(20). Cette morale empirique s’enracine dans notre animalité(21) qui peut être cultivée pour deux raisons conjuguées. Plus fragile et plus futé que l’animal, l’humain met son intelligence au service des passions, en vue de compenser cette faiblesse foncière qui le place en état d’insécurité accrue. S’il ressent moins sa vulnérabilité, au besoin la peur peut être entretenue par le discours, ou même provoquée. Elle sert alors d’instrument à qui juge nécessaire de motiver l’opinion publique à supporter l’investissement d’énergie requis dans un conflit dur ou parfois prolongé sur plusieurs siècles, dans des conditions de concurrence où l’argument de la contrariété des uns face aux autres prévaut toujours. Cette sélection de groupe prend alors des dimensions culturelles qui entretiennent l’orgueil et la haine, ou un mépris systématique du rival. Profondément ancrés dans l’animalité, ces mécanismes même sophistiqués peuvent fonctionner sans accéder à l’élaboration d’une analyse et d’un arbitrage plus conscientisés, qui viseraient à désamorcer leur caractère explosif, suivant des règles respectées pratiquement par les deux parties opposées, ce qui n’est pas le cas d’un arbitrage politique. C’est comme si l’humanité exacerbait par sa faiblesse et amplifiait par son intelligence ses propres mécanismes animaux de confrontation et de concurrence entre rivaux, sans rencontrer de facteurs externes qui l’inciteraient à limiter les dégâts occasionnés, le désolant gâchis. Parmi les trois sources du bien selon Charles Taylor – moi, monde et Dieu –, la relation de contrariété met l’accent sur la possession des biens du monde. Cela veut dire que l’identité du moi s’estompe relativement à la supériorité des biens acquis, au point que la perte des biens peut conduire au suicide et que la vénération d’une transcendance quelconque est également asservie au désir d’acquérir des biens du monde, afin d’en disposer librement. Compte tenu des inégalités dans la capacité ou le désir d’acquérir des biens et de s’enrichir dans une concurrence qui se fait au détriment du rival, il résulte que le cumul des biens par certains individus outrepasse de loin leurs besoins identitaires(22) et leur confère un pouvoir inconsidéré ou démesuré de dominer leurs semblables. Ce genre d’état de fait finit aisément dans la pratique par jouer contre l’exercice du principe de gouvernement démocratique, d’autant plus qu’il contamine l’activité politique elle-même, et se trouve peut-être entretenu par une dévalorisation théorique du moi(23) asservi au désir illimité de posséder, dans une philosophie comme celle de David Hume. Notes : (1) En autant qu’acte et puissance sont ici plus liés à la capacité de choisir chez l’opérateur qu’au système informatique lui-même. (2) Article récent paru dans CyberSciences. (3)Aristote remplace la dyade senti/pensé de Platon par celle du concret/abstrait ; voir le précédent billet (2004-06-14, 3e paragraphe). L’idée d’un universel concret finit par en émerger (2003-09-29, 7e paragraphe) et peut se rapporter au concept du divin avec sa substance et ses modes-accidents chez Spinoza, ou à l’inclusion d’humains dans le cosmos chez Brentano, par extension de sa notion de lieu substantiel (2004-04-20, 1er paragraphe). (4) Revoir le mot substance et ses variantes, dans les billets du 2003-10-07, 8e paragraphe, 2003-10-14, 3e et 6e paragraphes, 2004-01-19 note 2, et 2004-01-27, 4e et 5e paragraphes, plus les notes 11 à 13. (5) B.Russell raisonne ainsi contre la substance : «Mais, quand nous supprimons les propriétés et essayons d’imaginer la substance par elle-même, nous trouvons qu’il ne reste plus rien.» Ce procédé analytique désintègre-t-il l’insight ? Ou encore : «Mais qu’est donc M.Smith en dehors de ces faits ? Un simple crochet imaginaire auquel on suppose que ces faits sont accrochés.» B.R. page 221, HPO. Cette critique me rappelle une pensée de Blaise Pascal sur ce qu’une personne aime chez une autre : procédé analytique de fragmentation qui conduit à l’idéal du bébé parfait sorti d’une chaîne de montage, placé dans un environnement sur mesure, achetable et jetable ? (6) Série de billets #22 à #31 dans Archives Plus (7) Orientation qui a conduit Berkeley à son singulier spiritualisme empiriste. (8) Il pourrait être instructif d’étudier en détail, au plan phénoménologique, les modalités philosophiques et littéraires qui expriment et motivent un tel glissement du ton, déjà évident dans les titres des 4 parties du tome 1 consacré à l’entendement. Voir aussi l’avertissement où l’auteur dit tâter le goût du public. D.Hume, page 56, TNH-1. (9) À la fois par dette envers l’Idée de Bien chez Platon, et pour marquer sa position différente sur la question du désir, je suppose. (10) Voir TNH-2, partie 1 sur l’orgueil et l’humilité ; la section X s’intitule : De la propriété et des richesses, où il écrit : «Si donc la justice est une vertu qui a, sur l’esprit humain, une influence originelle et naturelle, on peut traiter la propriété comme une espèce particulière de causalité ; que nous considérions la liberté qu’elle donne au propriétaire d’agir comme bon lui plaît sur l’objet, ou les avantages qu’il en retire.» (11) À la limite, je compare l’appropriation d’un bien à la prise d’aliment par une substance vivante capable de l’assimiler. Une fois acquis, ce bien est (re)jetable ou prend valeur par l’usage qu’on fait de l’énergie extraite. Mijoter ce prototype, plus ou moins extensible… (12) D.Hume, page 148, TNH-2, à la note 45 du traducteur qui renvoie au TNH-3 entier sur la morale. (13) «L’efficacité ou l’énergie des causes n’est placée ni… ni… ni… ; elle appartient entièrement à l’âme…» ; citation complétée dans le billet du 2003-10-17, 3e paragraphe. (14) Image et conscience de soi sont illustrées par l’expérience du miroir qui manifeste déjà la présence d’un facteur non négligeable de distorsions dans l’évaluation de soi par soi, compte tenu de la perception partielle qu’il permet. Sur ce, revoir la fin du second billet : 2003-07-28. (15) Opposer la structure de graphe à celle d’arbre ? (16) La notion de milieu est mise en valeur dans trois billets : empirisme(4), Brentano(2) +(3). (17) R.Ardrey, page 337, TI. Parmi d’autres inventions culturelles, il énumère la territorialité, l’amour, l’alcool, le crime organisé et le sport. Il ne mentionne pas ici le commerce, la technologie, la recherche scientifique, les arts, la politique, la religion. Les inclurait-il dans la territorialité ? (18) Revoir le billet du 2003-08-08, 5e paragraphe. (19) Schéma transposable à la biographie de David Hume, mis en contact avec Jean-Jacques Rousseau ? (20) C’est par exemple un argument clé des défusionnistes qui ont gagné par référendum à Montréal le 20 juin dernier. Mais c’est également ce qui motive les tensions géopolitiques et les guerres menées par la puissance hégémonique du monde actuel : voir le billet du 2004-03-09, note 15. Banal constat du vieux fait que les idées d’argent mènent un monde mercantilisé. (21) D.Hume, pages 165, 248, TNH-2 ; De l’orgueil et de l’humilité des animaux ; De l’amour et de la haine chez les animaux. Titres significatifs qui terminent les parties I et II de ce tome, dédiées aux mêmes thèmes. La partie III sur la volonté et les passions directes, commencée avec De la liberté et de la nécessité, est conclue par De la curiosité ou de l’amour de la vérité. (22) Suivant l’analogie faite avec l’alimentation (voir la note 11 ci-haut), ces excès de biens sont comparables à l’état d’obésité. L’absence de règle limitant l’enrichissement personnel confère au moi un statut transcendantal relatif aux humains asservis, rendus dépendants sinon hétéronomes, un peu comme au Moyen Âge féodal le maître du serf porte le titre de Seigneur et celui du fidèle est appelé Monseigneur. Dans l’Antiquité, l’esclavage était jugé nécessaire. (23) Dévalorisation qui fonctionne à la manière d’un vide juridique que mettent à profit certains esprits opportunistes, mieux avisés des conséquences à retirer pour eux de ces failles détectées dans leur environnement. Le droit prête ainsi flanc à la ruse, quand il n’est pas façonné par la force d’idées influentes dans un régime donné, ou carrément bafoué par la force brute qui crée des brèches d’insertion, comme dans la vente sous pression. Par zero • 2004-07-10 12:03:50 Permalien | • Réflexions, Savoir 3 Commentaires : Commentaire écrit le jeudi 9 avril 2009 à 14:09:34 (lien) nick_darbas - http://www.field_homepage.com http://www.message_monacelc.com/ Commentaire écrit le mardi 24 février 2009 à 03:35:27 (lien) nick_paszel - http://www.field_homepage.com http://www.message_delorgetelta.com/ Commentaire écrit le jeudi 17 février 2005 à 08:45:44 (lien) Jean ROSTAND Pensée d'un biologiste "le biologique ignore le culturel.De tout ce que l'hommea appris,éprouvé,ressenti au long des siècles rien ne s'est déposé dans son organisme... Ajouter un commentaire |
Un blogue Journal personnel/Pensées par Mon Blogue.com
|
|